Je m’appelle Cédric Bozzi et ceci est mon blog. Enfin, ceci est surtout la reprise de tous mes tweets et de mes photos publiées sur Instagram, mais parfois il peut aussi y avoir de vrais articles.
Je crée des sites web et des applis iPhone, je fais de mon mieux pour posséder la gamme entière de produits Apple, je passe ma vie sur internet, et je cherche un studio à Paris.
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Sur Twitter : @garoo, @ff00aa et @bewarethefrog — plus @garoodotnet qui reprend les articles du blog.
Dans mes vieilles notes de posts à écrire, il y avait le sentiment que m’avait inspiré la vue d’un couple, dans le métro, le garçon assis sur un strapontin, et la fille sur ses genoux. Je me disais que je n’étais pas près de voir ça avec deux garçons dans les rôles principaux. Parce qu’on ne se fait peut-être plus jeter des pierres, en tout cas pas partout, mais on n’en est pas encore à pouvoir se permettre ça sans se faire jeter de la rame. Bien sûr, on a le droit d’être optimiste, de penser que la société va évoluer de plus en plus vite (oui, enfin, y’a qu’à voir la couleur de l’Assemblée nationale ces temps-ci) et que, si ce n’est pas encore possible, ça le sera bientôt. Mais je préfère être réaliste. Enfin, ce n’est pas un choix, c’est ma nature, on m’a dessiné comme ça. Alors il restait l’option du métro de San Francisco, qui n’existe probablement pas (le métro) (vu qu’il y a un tram) (et que, pour accéder au métro dans certaines parties de la ville, il faudrait des escaliers dix fois plus longs que ceux d’Abbesses) (référence à un vieux post pour ceux qui suivent vraiment attentivement) (sinon, vous tapez Abbesses
dans la boîte de recherche, et ça doit marcher tout seul). Et encore, à San Francisco aussi, il y a des homophobes.
Et puis, depuis, j’ai pris le métro. Plusieurs fois, dont hier. Tard le soir, alors que j’étais en retard comme ça m’arrive parfois quand j’ai du mal à être lucide sur le temps qu’un trajet va prendre, parce que je bloque à l’idée que je vais passer une heure et demie dans les transports. C’est long, quand même. Et donc, dans ce métro (ligne 4, direction Porte d’Orléans, au cas où vous voudriez vérifier par vous-mêmes en le prenant tous les soirs, au risque de me croiser sans le savoir, ou en le sachant), je vois deux hommes de 35-40 ans monter. Dingue. Je ne sais pas raconter les histoires. C’est le comble. Bref, la rame est loin d’être bondée, mais pas du tout vide, et au bout d’un moment je m’aperçois qu’ils ont chacun la main sur la cuisse de l’autre. De façon tout à fait naturelle, l’un est perdu dans ses pensées, l’autre lit un livre, et ils se tiennent par la cuisse comme le ferait n’importe quel couple (bon, c’est plus fréquent chez les couples de petits jeunes mignons que chez les retraités, mais vous voyez l’idée). Et ça m’épate. Et c’est triste, que ça m’épate, mais c’est la réalité du monde. C’est une soirée calme, sur une ligne calme, il n’y a pas de casquettes à l’envers ou de joggings à la jambe relevée, mais, tout de même, quoi. Ils ne se posent même pas la question de qui monte dans la rame à chaque station, et s’ils feraient mieux de se lâcher par prudence. Il faut croire qu’ils ne vivent pas dans le même monde que moi. Ils ont de la chance, je suppose.
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