10 mars 2003

Ah, oui, je comprends. J’ai mis vingt-quatre heures à comprendre. La vengeance, c’est mal. Je n’y avais pas pensé. Sérieusement, pas une seule seconde. C’est peut-être parce que je suis à moitié corse, que je suis un incurable romantique qui regarde trop la télé, ou que je suis juste un psychopathe, mais je n’ai pas envisagé une seule seconde qu’un téléspectateur puisse se mettre du côté de Buffy et dire que ce que fait Willow est mal. J’ai immédiatement et sans réfléchir rangé ces discours dans le tiroir des bondieuseries qu’on est obligés d’écrire quand on raconte ce genre d’histoire à la télé. Pas pensé une seconde que les scénaristes puissent être sincères — d’ailleurs, je continue à être persuadé que Whedon, au minimum, pense que ce que fait Willow est justifié. J’espère. Qu’à défaut d’être un bon producteur il est au moins romantique. Sinon il m’aurait menti toutes ces années. Bref. Où j’en étais ? Ah oui, je disais que je suis un sociopathe à enfermer d’urgence — en tout cas, d’après les standards répandus sur fr.rec.tv.series.sf, on dirait. Si on tuait ma Tara et si j’avais le millionième des pouvoirs de Willow (voire aucun pouvoir magique du tout, la torture existe très bien sans magie), je dédierais tout ce qui reste de ma vie à faire subir mille morts (par an) au coupable. Ca paraît évident. Pas à vous ? Ou peut-être à vous, mais pas à tout le monde. La vengeance. C’est pourtant tellement logique et justifié et totalement moral. Non ? Ben si ! Alors voilà. Le dépeçage express de Warren sans qu’il ait le temps de bien savourer sa douleur, c’était minable. Minable, minable, minable. Ridicule. Pas à la hauteur du tout. Pas étonnant que l’acteur qui jouait Warren n’ait pas exprimé plus de terreur que ça, il savait qu’elle n’avait pas de couilles. Ah, les femmes, même pas capables d’émasculer un homme propre salement.