15 mars 2003

Juste alors que je réalisais, en traversant le Marais, que le monde [gay] n’était pas totalement représenté par les psychotiques des chats (eh oui, dans la vraie vie, il y a d’autres psychotiques d’un genre tout à fait différent, et ils sont peut-être plus intéressants), alors que je découvre un bar convivial (off-off-rue Sainte-Croix, évidemment), je gâche tout en sortant mon plus bel air de parisien coincé qui se renfrogne et envoie des regards assassins quand on ose lui adresser la parole (et pourtant, dans le lot de ceux à qui j’ai fait le coup, il y en avait des… sympathiques). Faut dire, je déteste aller tout seul dans un bar, et il faut bien que F. fasse un récital pour que j’affronte une foule hostile (enfin, une foule à laquelle je suis hostile, plutôt, semble-t-il d’après l’expérience). La prochaine fois, soit je me saoule avant, soit j’emmène quelqu’un pour ne pas passer le quart d’heure d’entracte à regarder dans le vide comme la pauvresse que je n’ai jamais cessé d’être. Les soirs comme celui-là, j’ai l’impression d’avoir à nouveau quinze ans, ou plutôt d’y être toujours resté. Pas étonnant que je sois sans revenus.