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18 février 2004

Alien3, Edition spéciale en DVD

Ca fait bizarre de voir, dans le DVD bonus, tout le monde défendre mollement ce film, trouver des excuses à ci et à ça, se montrer globalement insatisfait, alors que je le préfère de très loin au premier (trop lent, il a vieilli) ou au second (trop idiot). Ca fait bizarre, aussi, de penser que mes deux préférés de la série sont le troisième, renié par son directeur (qu’on n’entend pas une fois dans le making-of), et le quatrième, renié par son scénariste (que je ne m’attends pas trop à voir dans le DVD 8 — heureusement, les intervenants ne font pas trop dans la langue de bois, donc j’espère bien qu’ils parleront des problèmes que Whedon a avec ce film).

La grande réussite, bien sûr, c’est le ton général (comme par hasard, c’est ce qui fait que le film n’a pas eu autant de succès aux Etats-Unis qu’en Europe et, donc, que l’équipe n’est pas plus fière que ça du résultat). Dès les premières scènes, Ripley trouve immédiatement le ton qu’elle aurait dû avoir dans le deuxième épisode. Ce n’est pas très cohérent dans la mesure où elle n’a fait que dormir entre-temps, mais ça le devient totalement si, comme moi, on considère qu’Aliens n’existe pas.

Et, évidemment, il y a la fin. Elle n’est pas logique du tout (dans les deux films précédents, les aliens ne se gênaient pas pour mettre leurs “incubateurs” dans des cocons histoire qu’ils restent bien tranquille, ce n’est pas parce que Ripley porte la mère que ça devrait être différent — sans compter qu’il est peu vraisemblable que le parasite mourrait avec elle, ni qu’elle gambade joyeusement pendant si longtemps avant qu’il éclose), mais elle fonctionne et me met toujours les larmes aux yeux, alors que je la connais par coeur (pour autant que je puisse connaître un film par coeur, c’est-à-dire pas vraiment). Que demander de plus ?

Le livret du coffret annonce, d’entrée, que l’édition spéciale n’a rien d’un director’s cut, parce que Fincher n’a pas eu son mot à dire dessus, et qu’en gros ils se sont contentés de récupérer des plans qui n’avaient pas été gardés. Si je ne comprends pas pourquoi la version sortie en salles ne gardait pas la naissance de l’alien dans une grosse bête à cornes (je tape ce post sans connexion, je ne peux pas chercher la traduction de ox) et si je trouve qu’ils ont été idiots de couper le plan où pas-Bishop crie « I’m not a droid! » à Ripley en montrant qu’il saigne (le maquillage de sa blessure, avec l’oreille qui dépasse, est tellement mal fait que je m’étais toujours demandé s’il était un robot ou non, au final), je ne vois pas trop, par contre, pourquoi le plan de Ripley sautant dans la cuve est différent : dans cette version, l’alien ne sort pas. C’est plus sobre, ça rompt moins l’émotion de la scène, mais c’est moins explicite — finalement, en formulant comme ça, j’imagine beaucoup mieux les executives demandant qu’on rappelle bien qu’elle ne se suicide pas pour rien. Dommage. Je note au passage que cette scène renvoie étrangement à la fin de la saison 5 de Buffy, ce qui est d’autant plus troublant que Whedon a dû se repasser la trilogie en boucle pour préparer l’écriture du quatrième film.

Seul reproche à faire au film, les effets spéciaux. Heureusement que, comme le dit un des acteurs, ce film-ci est plus centré sur les personnages que sur la bête, du coup. J’avais toujours été choqué par le compositing raté lors de la mort de Ripley, mais ce problème est réglé dans l’édition spéciale, puisque le plan est différent et a visiblement été monté proprement, sur ordinateur, pour le DVD. En revanche, j’ai passé tout le film à me demander comment les plans larges de l’alien en images de synthèse pouvaient être aussi mal intégrés et s’il s’agissait de scènes ajoutées, sur lesquelles on avait donc moins travaillé (voir la deuxième capture, mais c’est beaucoup moins choquant que quand ça bouge). Grâce au making-of, j’ai découvert que c’est bien pire que ça : ce sont les scènes d’origine (le problème doit être moins visible en salles ou sur un écran de télé, parce que l’alien est sombre) et ce ne sont pas des images de synthèse, mais une marionnette filmée sur fond bleu — même le compositing n’est pas numérique. Forcément, ça vieillit mal, on est habitués à mieux, maintenant. Dommage que Fincher ne semble pas vouloir faire une version director’s cut avec des effets spéciaux remis à jour en 3D — mais tout le monde ne peut pas être George Lucas et ne pas savoir quoi faire d’autre que de nettoyer encore et encore la seule chose qu’on ait vraiment réussi dans sa carrière.

Bref, heureusement qu’il y a le 3 et le 4 pour justifier l’achat (l’offrage, en l’occurrence, je n’en suis pas à m’acheter des coffrets DVD) de la “quadrilogie”. Je recommande au passage dans les bonus d’Alien3 le récit fascinant de la transformation d’un scénario sous la direction des producteurs d’une major, parant d’une idée d’origine superbement originale et arrivant à une fonderie abandonnée. Le film aurait été… différent.

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