Je m’appelle Cédric Bozzi et ceci est mon blog. Enfin, ceci est surtout la reprise de tous mes tweets et de mes photos publiées sur Instagram, mais parfois il peut aussi y avoir de vrais articles.
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Jack (comme dans Titanic !) et Ennis, jeunes cowboys du Far West qui en fait gardent les moutons dans le Wyoming des années 60, bossent un été isolés dans la montagne, baisent, et reviennent à la vie normale. Ou pas.
Il me semble bien que c’est la première fois de ma vie que je suis comptabilisé dans les entrées parisiennes du matin de la sortie (celles qui ne mesurent rien d’autre que le buzz autour de la promotion d’un film, mais décident du reste de sa carrière sur le territoire), et je ne suis bien sûr pas mécontent que ce soit pour un film comme Brokeback Mountain — je suis tellement militant que j’arrive à aller au cinéma à onze heures du matin, à l’heure où les entrées sont à moitié prix.
Le problème, c’est que maintenant je suis censé pondre une critique. Et ça ne va pas être facile, parce que je ne l’ai pas aimé, et que je me sens un peu seul dans ce cas, donc je suis obligé de me demander si ça vient de moi. J’ai peut-être raté des répliques, rapport à l’accent que prennent les acteurs, avec plus ou moins de bonheur (vous m’excuserez de trouver Heath Ledger totalement ridicule en beauf redneck primitif — pas que Gyllenhaal soit plus crédible dans ce rôle, mais au moins lui n’essaie même pas) ? Non, ça ne doit pas être ça, c’est presque un film muet. Ou je me suis endormi, pendant un des nombreux plans de beau paysage bucolique ? Si c’était le cas, ça m’aurait paru moins long.
En ce qui me concerne, le film n’a pas réussi à se remettre de la première heure lente et contemplative — qu’est-ce qu’il y a à contempler de deux bergers écervelés qui découvrent le sexe et se tapent dessus pour se prouver leur affection ? C’est bête, mais j’aime les coups de foudre avec un minimum de cerveau derrière (tiens, j’ai revu un bout de Solaris il n’y a pas longtemps). Par la suite, ça s’arrange (il y a des dialogues, des fois ! et ils sont bons, quand il y en a) mais il y a toujours trop de délayage ; on ne m’empêchera pas de penser que si l’histoire était à l’origine une nouvelle, et que d’habitude on fait des films de deux heures à partir de romans et pas de nouvelles, ce n’est pas pour rien.
Mais c’est totalement décourageant d’essayer d’expliquer pourquoi on a trouvé médiocre et inintéressant un film qui est déjà en train de devenir culte, et qui arrive même à être regardé par des hétéros (c’est sans doute sa plus grande qualité, et aussi son plus grand défaut, même si les films destinés au public homo sont plus souvent mauvais que bons). Vous irez le voir de toute façon, et vous trouverez comme tout le monde que j’ai eu tort.
Au fait… si la nouvelle date de 1997, l’auteur n’a aucune excuse pour avoir choisi un nom aussi… euh, équivoque. (A part celle d’être une femme et d’avoir soixante ans, donc de ne pas être très au fait des pratiques sexuelles déviantes de la fin des années quatre-vingt-dix.)
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