Garoo

Je m’appelle Cédric Bozzi et ceci est mon blog. Enfin, ceci est surtout la reprise de tous mes tweets et de mes photos publiées sur Instagram, mais parfois il peut aussi y avoir de vrais articles.

Je crée des sites web et des applis iPhone, je fais de mon mieux pour posséder la gamme entière de produits Apple, je passe ma vie sur internet, et je cherche un studio à Paris.

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17 avr. 2006

Rent ★★

C’est difficile de juger l’adaptation cinéma d’une comédie musicale qu’on ne connaît pas, alors que l’original tient le pavé à Broadway depuis neuf ans. Tout ce que je connaissais de Rent, c’était la chanson Seasons of Love entendue chez un ami il y a quelques années et qui s’était instantanément gravée dans ma mémoire. Bon signe, non ? Il y a quelques jours, j’avais chargé une bande-annonce du film, et c’était le même morceau, chanté en intégralité par le cast, et ça marchait aussi bien. Toujours bon signe. Et, aujourd’hui, dans la salle (assez déserte, pas comme aux Etats-Unis), le film commençait par la même séquence, la même chanson. Et… c’est là que j’ai senti le vent tourner.

Ce prologue est une profession de foi qui annonce la réalisation de l’ensemble du film : une captation illustrative sans aucun relief. Plans d’ensemble. Gros plans sur les solistes. Re-plan d’ensemble et encore des plans d’ensemble, avec des grues et des travelings. J’étais beaucoup moins touché par la chanson (alors que c’étaient la même bande son et les mêmes images) en la voyant sur grand écran que dans une petite fenêtre Quicktime, parce que ce qui fonctionne sur l’écran de mon ordinateur (la musique avant tout, les images qui doivent juste bouger mollement en rythme) n’est pas ce qu’on attend dans une salle de cinéma — du spectacle. Assis dans le noir avec le son à fond dans les oreilles, on se souvient beaucoup plus que ce spectacle est fait pour être vivant, pas fixé sur pellicule. Bref : si vous voulez le voir, achetez le DVD.

Ou louez-le, plutôt. Parce qu’il n’y a pas que l’adaptation cinéma, il y a aussi l’oeuvre d’origine. Et, je ne voudrais pas trop juger à partir du film, il y a quand même des choses qui ne sont pas propres à l’adaptation et qui ont du mal à passer. Comme les chansons, incroyablement hétérogènes aussi bien au niveau du style que de la qualité (il y a quelques bonnes ballades, mais Seasons of Love n’est pas du tout représentatif du reste). Comme le fait que ces artistes gentiment anarcheux arrivent à se prendre autant au sérieux, sans second degré aucun, même quand ils chantent La Vie Bohème, hymne bobo dégoulinant d’auto-satisfaction qui révèle la vraie ambition de la pièce : un vibrant hommage de l’auteur à lui-même et à ses amis (vous croyez que c’est une coïncidence, qu’il soit mort le jour de la générale ? il venait de finir d’écrire son épitaphe !). Ou comme la dernière scène, qui… qui… oh mon dieu, il n’y a pas de mots pour décrire ça.

Dès la première chanson (qui n’est pas beaucoup moins ridicule que La Vie Bohème, mais à ce moment-là on se dit que ça ne doit être qu’une maladresse passagère) j’ai eu le sentiment diffus que Rent était à la comédie musicale ce que Notre-Dame de Paris est à… ben, la comédie musicale. Et il n’y a eu que très peu de scènes pour me détromper (d’ailleurs, qu’est-ce que j’en sais, peut-être qu’il y a aussi deux ou trois bonnes scènes dans NDDP, je ne l’ai jamais regardé — j’aime bien Lune, après tout).

Bien sûr, le fait que les acteurs aient dix ou quinze ans de trop n’aide pas — c’est bien joli d’engager le cast d’origine, mais ça ne rend pas franchement la chose plus réaliste. La Vie Bohème serait toujours ridicule si elle était chantée par des vingtenaires échappés du plateau de Felicity, mais au moins ça serait un poil crédible.

 

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