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6 February 2002

It’s all cow

Pour changer, une bonne semaine côté programme télé - et en plus, il faisait beau, et j’ai reçu des cadeaux et des fleurs. Et ghrone a été téléchargé par plus de 2000 personnes, et je ne reçois que des compliments. Mais on n’est pas là pour parler de ma vie.

Dans On ne peut pas plaire à tout le monde, Fogiel ne devient pas meilleur interviewer, mais compose un plateau relativement intéressant. On découvre un Pierre Botton touchant, un Philippe Geluck ancien comédien, un Philippe Bouvard tellement reconnaissant à Ruquier de l’avoir engagé à la radio qu’il qualifie son humour d’homo-gaucho-sportif (j’ai bien entendu “sportif” ? j’ai peur de m’être trompé dans mes notes), un Drucker visiteur de prison qui serait, finalement, un vrai gentil, un Roland Giraud religieux et austère, et une Valérie Payet qui fait le Loto et Radio Monoprix, parce qu’il faut bien exister pour trouver du boulot. Ah, et une Valérie Payet, aussi, beaucoup plus intéressante qu’on n’aurait pu le croire après son passage à Nulle Part Ailleurs : honnête, exigeante, drôle… et dans un placard. Courtesy of les fameuses promotions empoisonnées de Canal +.

Drucker, dont on parlait chez Fogiel, se retrouvait le lendemain dans + clair. Ca commence bien, puisqu’il se trouve, lui-même, trop complaisant : il y a de l’espoir. Et le reste de l’interview semble le confirmer : Drucker serait vraiment gentil ? Même son explication du licenciement de Miller se tient : il aurait été profondément vexé que Miller remercie abondamment Ruquier et n’ait pas le moindre mot pour lui, alors qu’il l’avait exposé en plein dimanche après-midi face à des stars, en lui garantissant une liberté complète. Ca se tient, non ? “Il a beaucoup de talent, et humainement je le méprise” : si on s’attendait à une phrase de ce genre dans la bouche de Drucker…

In other news, c’est confirmé : Farrugia reprend la direction de Canal +. Quelle ascension, et que d’espoir pour les téléspectateurs.

In other news, en 2002, Poutine élimine la dernière chaîne de télé indépendante de Russie, tout va bien.

Ensuite, première du Cours Florent sur la même chaîne. Accessoirement, comment feront-ils pour ne pas avoir de problèmes avec le CSA, en faisant de la pub à une école privée et payante, jusque dans le titre de l’émission ? Qu’en dire… que les exercices de comédiens ne devraient pas être filmés tellement ils sont ridicules ? Qu’on aimerait bien les voir jouer vraiment, pour savoir ce que ça donne ? (Non, l’acteur du Groupe, ça ne compte pas, enfin, j’espère bien qu’on ne peut pas considérer l’avoir vu jouer.) Ce qu’on peut leur accorder : le casting est honnête, pas de gros stéréotypes à la Loft Story, mais un panel apparemment assez représentatif des apprentis comédiens. Dans le fond : une émission globalement assez digne, très inintéressante (lisez bien, il y a deux fois les lettres “in”), et à laquelle il faudra laisser un peu le temps de s’installer. Au passage, ils auraient pu se retenir de céder à la mode du générique conçu exprès pour vriller la tête : au bout de deux émissions, j’avais déjà envie de lancer une brique dans le poste.

Et maintenant, les séries du samedi, commençant par Angel. Visiblement, j’ai bien mal choisi de rater l’épisode précédent, mais on s’en remettra, d’autant que cette semaine encore, il y a du sexe dans la série. Buffy, Angel… Whedon aime parler de sexe dans ses séries, en ce moment, non ? Cette semaine, donc, ils ont commencé par oser faire retourner Angel au karaoké (j’avoue que, là, j’avais été un peu naïf de croire qu’ils avaient établi ça pour ne plus en reparler) mais, heureusement, ça n’a pas été fructueux, ce qui nous épargnera donc qu’il chante chaque semaine. Passons sur le fait que Kate est devenue complètement idiote, bouchée et monomaniaque, ce qui ne correspond pas du tout à son personnage du début, et lui donne un personnage franchement énervant, pour se concentrer sur l’important : Darla. Toutes mes félicitations à l’actrice, qui prouve qu’on peut être une excellente comédienne et avoir joué dans Roswell (même si, déjà, dans Roswell, on sentait qu’elle était capable de quelque chose). Intéressante idée, ramener Darla comme humaine, pour pousser Angel à la tuer et perdre son statut de gentil démon. Enfin, il se passe quelque chose dans cette série, enfin, il y a une histoire qui prend toute la saison. Et enfin, aussi, on revoit Drusilla : le fait qu’elle soit revenue pour des flash-backs (raccourcis par TF1, au passage) nous promet un retour prochain du personnage et de l’actrice, qui s’est certainement rendu compte qu’il était difficile de trouver quelque chose de plus intéressant à jouer, en ce moment, que les séries de Whedon. Plein de bons présages, donc.

Pour Dark Angel, on va passer vite… surtout que Cours Florent oblige, j’ai raté une bonne moitié de l’épisode (et que, vu l’évolution, enfin, la non-évolution de la série, je vais certainement lui préférer Canal + jusqu’à la fin). Je suis arrivé sur M6 au moment où Max récupérait un machin-truc magique de BD qui effaçait le code barre magique de BD de l’enfant (aux pouvoirs probables de magie de BD) d’une X5, et peu avant que ladite X5 se retrouve en apnée dans un truc-machin-bidule de BD qu’on ne saura pas ce que c’est. Oui, je sais, Dark Angel est à l’origine une adaptation d’un comics américain. N’empêche, il y a des choses qui passent mal à l’écran.

Dans Buffy, on en sait enfin plus sur Dawn. La construction scénaristique est toujours aussi intelligente, quoiqu’un peu prévisible dans sa façon de surprendre : dans cet épisode, un sort censé révéler la cause de la maladie de Joyce révèle en fait la nature de Dawn, alors que la semaine précédente, Joyce était emmenée à l’hôpital pour qu’on découvre les problèmes de santé de Riley. On était d’ailleurs doublement piégés, car on pouvait plutôt s’attendre, à ce moment-là, à en savoir plus sur Dawn (je ne suis probablement pas le seul à avoir pensé, quand elle jouait avec son stéthoscope, qu’elle le mettrait sur sa poitrine et n’entendrait pas de pouls). Donc, Dawn est pure énergie - enfin, était. Ce qui est un peu contradictoire d’ailleurs : si Dawn était devenue vraiment, complètement humaine comme le dit le moine, elle n’aurait pas dû clignoter lors du sort de “tirer la couture”. (Un peu cheap, le clignotement, non ?)

Mais ce ne sont que des détails. Ce qui compte, c’est qu’il y a maintenant un personnage qui sait que Dawn n’est pas totalement ce qu’elle semble être (et vu que tout a été fait pour que seule Buffy soit au courant - avec en particulier le fait que Willow était sans aucun doute mieux placée pour effectuer ce genre de sort - on peut supposer qu’elle ne va pas le raconter à tout le monde tout de suite). Et qu’on sait, vaguement, ce que Buffy va affronter cette année. Un démon sans nom, permanenté et en robe rouge. Une actrice de soap déchue, ayant abusé de l’eau oxygénée de plusieurs façons. Bon, pourquoi pas… j’imagine qu’on perd, comme il se doit, une grande partie du jeu de l’actrice au doublage. Mais quand même, comme grand méchant, ça fait bizarre - évidemment, c’est fait pour.

Quelques autres remarques sur l’épisode… L’évolution de Spike, qui explique les rumeurs entendues l’année dernière, comme quoi l’acteur voudrait quitter la série, déçu de voir son personnage réduit au rôle de bouffon (ce qui se comprendrait bien). L’ambiguité de Dawn, avant qu’on sache qu’elle est en fait totalement innocente, bien gérée, et surtout bien jouée par l’actrice, qui joue impeccablement un personnage largement plus aimable que la peste qu’elle était lors de son apparition. Et une scène de fin très belle… comme dans chacun des épisodes précédents de la saison. Eh oui, la meilleure façon de finir un épisode, c’est de donner envie de savoir ce qui va arriver ensuite aux personnages, en finissant sur une note d’émotion.

Talk-shows en bref : révélation de Tout le monde en parle, Ludivine Sagnier, dont on comprend mieux, en l’entendant, pourquoi elle a déjà fait deux films de François Ozon (et, bien que je n’aime pas les films d’Ozon, c’est plutôt un compliment).

Dans On a tout essayé, Valérie Payet joue les replays, prouvant, au choix, que la petite guerre territoriale entre Ardisson et Fogiel s’est calmée, ou (plus probable) que les nécessités de l’auto-promo de France Télévisions passent avant les orgueils de producteurs. Et si c’est la deuxième solution, on aimerait bien entendre plus d’informations sur le fait qu’Ardisson aurait accepté de déroger à ses sacro-saints principes d’homme intègre, vaniteux et mégalomane, pour faire plaisir à son directeur des programmes.

Et En aparté version longue (c’est le lundi à pas d’heure) : il aurait fallu que je regarde la version de samedi pour comparer, mais le rythme était vraiment différent des autres émissions, ce qui indiquerait que, oui, la version longue aurait un intérêt et que, enfin, on pourrait voir l’émission dans ce qu’elle a de plus intéressant : les interviews, laisser les invités s’exprimer, laisser le temps au silence, tout ça. On découvre donc, cette semaine, Miou-miou très drôle, cool et franche, faisant sa promo sans faire de la promo, et Daho, ayant le temps lui aussi de s’exprimer. Enfin, pas cette frustration de voir l’interview s’arrêter alors qu’elle vient de commencer ; comme quoi, dix minutes de plus, ça change tout.

Finissions avec deux films : un très bon, et un très mauvais.

Le très mauvais film, c’est Les rivières pourpres. La caméra de Kassovitz est toujours virtuose - probablement trop, même - mais au service d’une intrigue… idiote. Des scènes de poursuite (à pied, en voiture, à dos d’écureuil, on va tout essayer), des scènes de… kung fu (?! - au passage, ça aurait plus ressemblé à des combats s’il y avait eu des cascadeurs professionnels, parce que là ça faisait théâtre), une vision démago de la police façon Taxi, des gros plans gore et complaisants sur des cadavres, une volonté tellement évidente de faire du Seven qu’on prend pitié, une rencontre Cassel-Reno vue mille fois en bande annonce et qui n’arrive qu’à vingt minutes de la fin, mais, surtout… un suspense aussi mince que les feuilles de papier à rouler que ça fait bien de mettre dans les films pour djeunez. Suspense culminant dans une surprise finale (parce que, oui, de nos jours, un film n’est réussi que s’il y a une surprise finale - et est forcément réussi, s’il y en a une) à mourir de rire, sauf que c’est pas fait pour. En gros, Kassovitz confirme largement ses talents de réalisateurs, autant que sa volonté à les utiliser pour faire des navets. Mauvais signe…

Le très bon film, antithèse parfaite du précédent, c’est Les rois du désert (Three Kings). Et si c’est un très bon film, ce n’est pas que parce qu’on voit Mark Wahlberg courir dans le sable en sous-vêtements. Non, c’est parce que c’est un film incroyable, un miracle du cinéma : un film hollywoodien, avec des stars, mais intelligent et, encore mieux, politiquement engagé. L’histoire de quatre soldats qui s’ennuient à la fin de la guerre du Golfe, décident d’aller voler l’or de Saddam, et se retrouvent confrontés aux conséquences de la guerre sur les populations locales. Un film incroyable d’anti-militarisme et de conscience politique, qui prend évidemment encore plus de sens en 2002. Le genre de film - non, LE film - qu’on voudrait montrer en boucle à tous ces américains qui réclamaient qu’on rase l’Afghanistan et qu’on maudisse les afghans pour quarante générations. Et le mieux, c’est que c’est superbement filmé, y compris dans les scènes d’action. Mais pas de glorification, ni même de banalisation de la violence, bien au contraire. Les rois du désert, ou comment vendre aux américains une grosse comédie (et c’est vrai que les parties comiques sont, aussi, très efficaces) et leur fourguer une réflexion sur la politique étrangère américaine. A ne surtout pas manquer, donc. Quitte à déprimer en réalisant que tout ce que le film reproche aux Etats-Unis s’est reproduit en 2002.

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