22 April 2002

Le pacte des loups

Ah ça, c’est joli. Heureusement, même, que c’est joli, parce que je n’aurais pas tenu jusqu’au bout, sinon. De jolies images pleines de jolis acteurs, Christophe Gans devrait essayer d’être photographe, plutôt. Parce que, vraiment, c’est très joli de partout. Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas de personnages. Je ne sais pas vous, mais moi, je me fichais pas mal qu’ils puissent crever les uns après les autres… Le seul personnage à avoir le moindre petit intérêt pourrait être Mani, mais il n’est programmé que pour être le Bruce Lee de service, avec une demi-douzaine de courtes phrases sur l’ensemble du film. Gans est allé jusqu’à mettre une histoire d’amour (voire un triangle amoureux) mais sans penser qu’il serait un poil utile qu’on s’attache aux personnages, pour que ça ait un intérêt. Déjà, dans Crying Freeman, c’était pas évident d’accrocher, mais là c’est carrément impossible.

Il pourrait rester l’intérêt de voir la fameuse bête, mais… là, je n’en reviens pas. Comment peut-on faire un film en 2001 (et à gros budget) avec une bête en images de synthèse aussi mal animée et intégrée ?! C’est bien gentil de tout griller en tournages extérieurs, en ralentis et en étalonnage numérique, mais faudrait voir à pas bâcler les effets spéciaux, non plus !

Quoi d’autre ? Samuel Le Bihan, tout “acteur physique” qu’il est, fait un bien pâle guerrier en comparaison avec Mark Dacascos. Gans confirme que ce qu’il filme de mieux reste les décors (les ruines du temple en pleine forêt rappellent sacrément Crying Freeman, d’ailleurs, non ?) et… pourquoi fallait-il que le grand méchant ait l’air d’une drag queen ?